|
LES FAITS DU DOSSIER
Une Horrible Découverte
Le 12 juillet 1994, au crépuscule,
le Dr. Tariq Rafay, son épouse Sultana et leur fille
Basma furent sauvagement battus à mort dans leur
résidence de la paisible municipalité de
Bellevue, en banlieue de Seattle (État de Washington)
aux États-Unis. Quatre heures plus tard, de retour
d'une soirée où ils ont dîné,
pour ensuite aller voir un film au cinéma et passer
quelque temps dans un casse-croûte, Atif Rafay, le
fils de Tariq et de Sultana, est rentré à la
résidence de ses parents en compagnie de son ami
Sebastian Burns.
Les deux jeunes hommes firent alors une
horrible découverte. En état de choc, Sebastian
Burns a aussitôt appelé les services d'urgence
(911) et, terrifié devant la possibilité que
les tueurs puissent encore se trouver à l'intérieur
de la maison, les deux garçons se sont précipités à l'extérieur
de la maison pour attendre, dans la rue, l'arrivée
de la police. Quelques instants plus tard, une voiture
de police passa mais sans s'arrêter, les policiers
ne pouvant trouver l'adresse de la maison. Burns et Rafay
ont alors couru vers la voiture, pour ensuite frapper dans
l'une des vitres de celle-ci afin de la faire s'arrêter.
Les policiers qui pénétrèrent à l'intérieur
de la résidence des Rafay furent choqués
et perturbés par l'horrible et sanglante scène
qu'ils découvrirent. Sultana Rafay a été tuée
par un coup fatal porté à la tête.
Basma Rafay était blessée fatalement et rendit
l'âme peu après à l'hôpital,
ayant subi de multiples coups à la tête et
au corps. Le Dr. Rafay était allongé dans
son lit, sa tête, entièrement écrasée,
ayant notamment été frappée par un
objet contondant. Les murs, le plancher et le plafond de
sa chambre étaient entièrement couverts de
sang, de morceaux d'os, de dents et de chair. D'importantes
quantités de sang ont été retrouvées
dans la propriété : sur les tapis, sur les
murs, dans la salle de bain du sous-sol, de même
que surune série d'empreintes de chaussures dans
le garage.
Pleine et entière coopération
d'Atif et Sebastian avec la police
Au cours des heures suivantes, Sebastian
Burns et Atif Rafay ont accompagné la police de
Bellevue pour un interrogatoire en profondeur, tout en
fournissant aux enquêteurs leurs vêtements,
leurs chaussures et, dans le cas d'Atif, ses lunettes,
et ils permirent sans hésiter à la police
de procéder à des examens sur leurs corps
et leurs effets personnels, effectués notamment
avec une lampe spécialement conçue pour détecter
toute présence de sang, même en minuscule
quantité. Ils ont aussi permis à la police
de Bellevue de saisir leurs empreintes digitales, de les
photographier et de les soumettre à un test visant à dépister
des résidus d'arme à feu sur eux et leurs
effets personnels.
Sebastian Burns et Atif Rafay n'ont jamais
refusé de se plier à aucune requête
des enquêteurs dans les jours qui ont suivi. De plus,
ils n'ont jamais utilisé leur droit à être
assistés par un avocat. Atif a aussi signé une
plainte visant à déclencher formellement
l'enquête policière, en plus de remettre le
mot de passe de son ordinateur personnel afin que les enquêteurs
puissent avoir accès à son contenu. Puis
Sebastian Burns et Atif Rafay sont restés à Bellevue
durant 56 heures, consacrant tout ce temps à l'entière
disposition de la police de Bellevue.
Nul parmi ces multiples tests, examens, recherches
et interrogatoires n'a révélé quelque
preuve incriminante que ce soit contre les deux garçons.
Lorsqu'ils n'étaient pas en compagnie de la police
de Bellevue, Sebastian et Atif ont été placés
par la police dans une chambre miteuse d'un motel de Bellevue
(démoli depuis), où on ne leur a laissé que
peut de temps pour dormir. Aucune mesure de soutien, psychologique
ou autre, n'a été offerte aux deux jeunes
hommes alors âgés de 18 ans.
Sans tarder, la police ment aux médias
Le 15 juillet 1994, le Consulat canadien à Seattle
a formellement obtenu de la part de la police de Bellevue
la permission explicite de laisser les deux garçons
retourner chez les parents de Sebastian à Vancouver,
au Canada. Le déménagement de la famille
Rafay de Vancouver à Bellevue étant encore
une chose récente, Vancouver était encore
le lieu de résidence de Sebastian et d'Atif.
Pourtant, malgré la pleine et entière
collaboration des garçons avec la police de Bellevue,
et malgré aussi le fait que leur retour chez eux
au Canada s'est déroulé de manière
formelle et légale, la police de Bellevue a rapidement
désigné les deux garçons en tant que
principaux suspects et leur ont accolé l'étiquette
de « fugitifs ». Ils se sont empressés
notamment de transmettre aux médias des deux côtés
de la frontière une série de mensonges prétendant
que:
- Sebastian et Atif auraient eu un comportement étrange
durant la nuit des meurtres et au cours des jours qui
suivirent, ce qui aurait éveillé les soupçons
des enquêteurs;
- Les deux garçons n'auraient
montré aucune émotion suite à leur
découverte du meurtre de la famille Rafay;
- Ils auraient refusé de coopérer
avec la police de Bellevue;
- Ils auraient en toute connaissance
de cause évité d'assister aux funérailles
des victimes;
- Ils se seraient « enfuis » au
Canada.
Ayant été ainsi témoins
de telles manigances de la part de la police de Bellevue,
les amis, la famille et les avocats de Sebastian Burns
et Atif Rafay ont recommandé à ces derniers
de rester dans leur propre pays, le Canada.
Pour de plus amples informations sur cet
aspect, voyez cette autre page de notre site : Se
sont-ils « enfuis »?
Les preuves recueillies confirment l'innocence
de Sebastian et Atif
Au cours des jours, semaines et mois qui
suivirent, la police de Bellevue a procédé à l'examen
de la preuve matérielle recueillie sur la scène
du crime et a soigneusement analysé les preuves
circonstancielles en interrogeant de nombreux témoins,
y compris les voisins de la résidence des Rafay.
Contrairement à la théorie initiale des enquêteurs,
l'ensemble des preuves ainsi recueillies disculpent entièrement
Sebastian Burns et Atif Rafay :
- Les voisins ont confirmé que
les meurtres sont survenus quand les garçons ont été vus à d'autres
endroits par de nombreux témoins indépendants;
- L'examen des pièces matérielles
de la scène du crime n'a produit aucune preuve
incriminante contre les deux garçons;
- Aucune trace de sang, de chair humaine
ou d'os n'a été trouvée sur les
corps des garçons, ce qui confirme qu'ils n'ont
pas pris part aux meurtres.
Pourtant, malgré le fait que l'ensemble
des preuves matérielles et circonstancielles produites
par les enquêteurs confirment l'innocence de Sebastian
et Atif, les détectives chargés de l'enquête
persistèrent à prétendre que les garçons étaient
coupables.
Ples preuves matérielles et circonstancielles
démontrent que les tueurs ne sont pas Atif et Sebastian
Mais les preuves matérielles démontrent
encore plus que leur innocence : elles démontrent
qu'au moins trois individus, aucun parmi n'eux n'étant
Sebastian Burns ou Atif Rafay, étaient les auteurs
des meurtres. Ceci a été notamment confirmé par
l'ADN trouvé sur la scène du crime, ainsi
que par l'analyse des éclaboussures de sang répandues
partout dans la chambre du Dr. Rafay.
ADN :
Les enquêteurs ont trouvé sur la scène du crime des éléments
de preuve matérielle ayant été laissés par les
tueurs. Cette preuve-clef a été examinée à plusieurs
reprises, et elle a révélé contenir de l'ADN qui ne provenait
ni des victimes, ni de Sebastian Burns ou Atif Rafay. Ces preuves sont :
- Un poil corporel (pubic) trouvé sur
le drap sur lequel reposait le corps du Dr. Rafay;
- De l'ADN retrouvé dans la douche
du sous-sol et mêlé au sang du Dr. Rafay;
- De l'ADN dans une empreinte de soulier
trouvée dans le garage et mêlée au
sang du Dr. Rafay.
Éclaboussures de sang :
L'expert de la poursuite elle-même, Ross Gardner, qui a examiné les éclaboussures
de sang projetées sur la scène du crime, a affirmé dans
son rapport ainsi que durant le procès qu'au moins trois individus se
trouvaient dans la chambre du Dr. Rafay au moment du crime. Durant la procès,
Gardner a de plus affirmé : « Je ne peux expliquer d'aucune autre
manière la disposition de ces éclaboussures de sang. »
De plus, les enquêteurs ne détenaient
pas seulement les preuves matérielles démontrant
que c'étaient d'autres individus qui ont tué les
Rafay : ils ont reçu également trois autres
pistes, toutes provenant d'autres corps de police, qui
indiquaient clairement l'implication d'autres parties et
d'autres motifs pour le crime, y compris l'extrémisme
Islamique.
Le Dr. Rafay avait des ennemis
Le Dr. Rafay était un musulman sunnite
influent, qui était actif dans sa communauté culturelle
et religieuse, et ce d'abord à Vancouver, puis à Bellevue.
Il fut notamment le cofondateur et le président
de l'Organisation d'Amitié Canadienne et Pakistanaise,
en plus d'avoir publié un article et un programme
informatique controversés qui indiquaient que les
musulmans de Colombie-Britannique n'étaient pas
réellement tournés vers la Mecque durant
leurs prières.
Deux semaines à peine après
les meurtres, un informateur du FBI a confié aux
enquêteurs de Bellevue qu'un leader religieux musulman
de Seattle avait ordonné la mise à mort du
Dr. Rafay en raison de ses enseignements du Coran. Ce même
informateur a aussi mentionné qu'il croyait qu'un
bâton de baseball était l'arme du crime, ce
qui correspondait aux faits. L'informateur avait fourni
cette information à un moment où les enquêteurs
de Bellevue savaient qu'un bâton de baseball était
l'une des armes ayant servi à commettre les meurtres,
mais ceci avant que ce fait fût porté à la
connaissance du public. L'incroyable est que la police
de Bellevue n'a pas entrepris le moindre début d'enquête
sur cette piste ainsi que sur les deux autres pistes qu'ils
reçurent peu après les meurtres.
Pour de plus amples informations sur cet
aspect, voyez cette autre page de notre site : Autres
suspects
Un meurtre similaire et non résolu
En 1994, il est évident que les enquêteurs
ne croyaient pas que les meurtres des Rafay auraient pu être
motivés par l'extrémisme religieux. Ils croyaient
plus probable qu'un membre de la famille avait commis le
crime. Mais un autre événement tragique est
survenu et suggère que l'extrémisme islamiste
demeure une menace bien réelle, et ce tant au Canada
qu'à l'étranger. En janvier 2003, Riasat
Ali Khan, un ami proche du Dr. Rafay qui fut lui aussi
président de l'Organisation d'Amitié Canadienne
et Pakistanaise, a été assassiné à l'extérieur
de sa résidence à Vancouver. Ce crime est à ce
jour encore non résolu.
Une opération policière
secrète et illégale
Neuf mois après les meurtres, frustrés
par l'absence de preuve pouvant suggérer la culpabilité de
Sebastian Burns et d'Atif Rafay, et refusant sciemment
de considérer la preuve indiquant que d'autres individus
ont commis le crime, la police de Bellevue a demandé et
obtenu l'assistance de la Gendarmerie Royale du Canada
(GRC). En réponse, la GRC a choisi de mettre en œuvre
une opération pointue impliquant des agents doubles,
ce qui est toutefois illégal aux États-Unis.
Bien que légale au Canada, cette tactique policière
est aussi connue pour avoir extorqué de faux aveux
de la part de plusieurs individus, en particulier des adolescents,
soupçonnés de meurtre.
Dans le cadre de cette opération,
connue au Canada sous le nom de « Opération
Mr. Big », deux agents doubles de la GRC se sont
arrangés pour développer des relations avec
Sebastian Burns. Ils lui ont prétendu être
de violents criminels et ont contraint Sebastian à participer à leurs
activités criminelles en le plaçant dans
la position de « celui qui en sait trop ».
Utilisant des menaces de mort et de violence, des promesses,
et prétendant même avoir des liens interlopes
avec les enquêteurs de la police de Bellevue, ces
agents de la GRC ont forcé Sebastian Burns, Atif
Rafay et leur ami Jimmy Miyoshi à avouer le crime
perpétré contre la famille Rafay. Les trois
jeunes hommes furent peu après mis en état
d'arrestation.
Par la suite, la GRC a menacé Jimmy
Miyoshi de le faire accuser de conspiration pour commettre
un meurtre, en lui suggérant notamment qu'il pourrait
faire face à la peine de mort aux États-Unis
s'il ne confirmait pas la culpabilité de Sebastian
Burns et Atif Rafay. Miyoshi dût alors signer un
accord lui garantissant l'immunité et a aussitôt
fourni des déclarations à la GRC. Chacune
des déclarations de Miyoshi contredisait les autres
qu'il produisit avant, et chacune contredisait aussi les
preuves matérielles recueillies sur la scène
du crime. Et au procès, Miyoshi, qui vit maintenant
au Japon, a refusé de retourner en Amérique
du Nord pour témoigner. En lieu et place d'un témoignage
devant le jury, c'est une déposition enregistrée
sur vidéo plusieurs mois auparavant qui fut présentée
au procès.
Mais peu avant la tenue de cette déposition-vidéo,
Jimmy Miyoshi a contacté par téléphone
l'avocat de Sebastian Burns, Jeff Robinson, pour lui demander
de l'aide. Mais Me Robinson ne pouvait rien pour lui, Miyoshi étant
un témoin pour la poursuite. Lorsque Me Robinson
l'interrogea sur cet appel durant la déposition,
Miyoshi a alors menti, en prétendant qu'il avait
contacté Me Robinson parce que Sebastian et Atif « l'effrayaient »,
ce qui était complètement ridicule vu le
fait que les accusés étaient alors emprisonnés
sous un régime carcéral à sécurité maximum.
Faux aveux et fausses déclarations
Ces aveux et déclarations fournies
par Jimmy Miyoshi ne peuvent être crédibles,
puisqu'elles ont été livrées suite à un
mélange de menaces et de promesses. Elles ne peuvent
qu'être considérées comme étant
entièrement fausses.
Pourquoi sont-elles fausses, et ce sans aucun
doute raisonnable? Parce que tous les éléments
matériels détaillés dans les déclarations
de Miyoshi sont réfutés par la preuve recueillie
par la poursuite elle-même. En effet, les éléments
présentés par les experts de la poursuite
(durant l'enquête et le procès) qui ne concordent
nullement avec les propos de Miyoshi comprennent notamment
:
- Le nombre de tueurs (les experts de
la poursuite ayant conclu qu'ils étaient au moins
trois);
- L'arme du crime (les blessures identifiées
sur le cou du Dr. Rafay montrent qu'un objet contondant
a été aussi employé durant l'agression);
- L'heure où le crime fut commis
(deux témoins indépendants confirment que
les meurtres n'ont pu être perpétrés
après 22 h 15);
- L'utilisation de gants (les experts
de la poursuite affirment dans un interrogatoire tenu
avant le procès que des marques de gants auraient
dû être trouvées sur la scène
du crime si des gants avaient été employés,
mais aucune marque ne fut trouvée);
- Les détails sur l'agression
contre Basma Rafay (les experts concluent que Basma s'est
déplacée de son lit jusqu'au plancher de
sa chambre, et qu'elle n'a jamais circulé plus
loin dans la maison, contrairement à ce qui fut
rapporté dans les médias et à ce
que les « aveux » ont prétendu);
- Les mouvements des tueurs dans la
maison (les traces de sang démontrent que les
tueurs se sont rendus dans le garage).
De plus, ces détails n'étaient
pas connus par Sebastian Burns ou Atif Rafay au moment
où se tenait l'opération secrète de
la GRC car ils n'étaient pas encore connus du public,
et aussi parce que Sebastian Burns et Atif Rafay ne sont
pas ceux qui ont commis les meurtres. La seule explication
possible à ces sérieuses et nombreuses contradictions
et incohérences entre les « aveux » et
la preuve est que ces « aveux » sont faux.
Des « aveux » qui se contredisent
l'un l'autre
Ces « aveux » sont, par
définition, entièrement faux. Ils ne concordent
nullement avec les faits du dossier, tel que présentés
par les experts de la poursuite elle-même. Mais
la manière avec laquelle Sebastian Burns et Atif
Rafay ont raconté ces histoires confirme leur
fausseté. Chacune des déclarations incriminantes
tenues par les garçons est inconsistante dans
leur substance même, et chacune aussi contredit
l'autre, notamment au sujet de ce que Sebastian portait
sur lui, ce qu'ils ont fait avec la preuve matérielle
potentiellement incriminante, et où ils ont obtenu
l'arme du crime. Il était tout simplement impossible
pour Sebastian Burns et Atif Rafay de livrer des histoires
similaires.
Plus important encore, ces « aveux » ne
comportaient aucune information supplémentaire que
seuls les véritables auteurs des meurtres auraient
pu connaître.
Les jurés induits en erreur
Une question importante demeure : si l'innocence
de Sebastian et Atif est à ce point évidente,
pourquoi treize personnes ont tout de même décidé de
les reconnaître coupables, et de les faire condamner à la
prison à vie?
Nous croyons que c'est parce que la compréhension
que le jury avait du dossier était incomplète.
Le juge responsable du procès, Charles Mertel, a
interdit à la défense de produire des éléments
cruciaux de sa preuve. Par exemple : le jury n'a pu prendre
connaissance de la piste fournie par un informateur du
FBI, de même qu'une autre fournie par les services
de renseignements de la police de Seattle, qui elle aussi
indiquait que des extrémistes islamistes auraient été impliqués
dans le crime. Malgré le fait que ces deux pistes
n'ont jamais été explorées par la
police de Bellevue, elles sont tout de même cohérentes
l'une avec l'autre. Considérées conjointement,
elles étaient susceptibles de fournir une réponse
convaincante à la question de l'identité des
auteurs du crime.
Les jurés n'ont pu aussi entendre
le témoignage du Dr. Richard A. Leo, professeur à l'Université de
Californie et expert reconnu sur le phénomène
bien réel et répandu des faux aveux. Le Dr.
Leo avait préalablement accepté de présenter
de l'information sur ce qu'il décrit comme étant
un « phénomène hautement contre-intuitif
de faux aveux » et sur « les manières
dont les enquêteurs de police peuvent parfois extorquer
de faux aveux de la part de personne d'intelligence normale
ou supérieure ». Selon la déclaration
présentée par le Dr. Leo au tribunal, le
but de son témoignage consistait à « fournir
au jury une information pertinente et crédible fondée
scientifiquement sur le phénomène psychologique
des interrogatoires et des faux aveux, de sorte que le
jury puisse être en mesure de prendre une décision
mieux informée lorsqu'ils décideront de la
question de la crédibilité des aveux émis
par les accusés dans le cadre de l'enquête».
Mais, au lieu de permettre le témoignage
de cet expert reconnu, le juge Mertel a décidé qu'il « n'appartient
qu'au jury de décider, à partir de leur expérience
personnelle et de leur sens commun, si les déclarations
livrées par les accusés aux agents de la
GRC étaient librement consenties ou non ».
Devant quoi, nous croyons qu'une situation où des
agents de police se font passer pour des tueurs violents
auprès de deux garçons de 18 ans, ne pouvait,
en aucune manière, faire partie de « l'expérience
personnelle » ou du « sens commun » de
quiconque parmi le jury. C'est la raison pour laquelle
les jurés ayant pris part à ce procès
ne pouvaient pas être en mesure d'établir
la différence entre des aveux authentiques et de
faux aveux.
De plus, le juge Mertel n'a même pas
appliqué la règle qu'il avait lui-même
fixée, et qui consistait à garantir que la
validité des « aveux » de Burns and
Rafay, tels qu'enregistrés par la GRC sur vidéo,
soit déterminée par les jurés eux
seuls. Durant la tenue du procès, le juge a permis
aux agents de la GRC impliqués dans l'opération
secrète de déconstruire et d'analyser le
comportement de Sebastian Burns tout au long du déroulement
de l'opération. Durant leur témoignage au
tribunal, ils ont martelé aux jurés qu'aucune
personne innocente ne se serait comportée comme
Sebastian dans les circonstances de l'opération.
Pourquoi le juge Mertel a-t-il permis aux
agents eux-mêmes de l'opération secrète
de se travestir en « experts » susceptibles
de démontrer comment des personnes innocentes peuvent
réagir à leurs tactiques caractérisées
par la menace et la contrainte? Pourquoi le juge a-t-il
défendu à un expert authentique et reconnu,
qui par surcroît n'avait aucun intérêt
dans la conclusion du procès, de renseigner le jury
sur les manières dont des personnes innocentes réagissent
dans la réalité à de telles méthodes
policières? En réalité, ces agents
de la GRC n'ont fourni aucune expertise. Ils ont plutôt
justifié leur propre opération et leurs propres
tactiques. Si le procès avait été tenu
dans des conditions justes et équitables, la défense
aurait été autorisée à présenter
un expert indépendant pour répondre aux interprétations
auto-justificatives, biaisées et dépourvues
de toute expertise des agents de la GRC sur le comportement
des accusés et sur leur psychologie.
L'innocence prouvée au-delà de
tout doute raisonnable
Les procureurs chargés de la poursuite
dans ce procès se sont acharnés à convaincre
le jury que Sebastian Burns et Atif Rafay étaient
des monstres arrogants et brillants, capables de planifier
et d'exécuter un crime parfait. Devant quoi nous
posons les questions suivantes, à notre époque
où les analyses scientifiques des scènes
de crime sont les plus fiables :
- Deux adolescents de 18 ans étaient-ils
en mesure d'éliminer toute preuve matérielle
de leurs corps et d'une scène de crime incroyablement
sanglante?
- Auraient-ils été en
mesure de contraindre de multiples témoins indépendants à confirmer
leur solide alibi?
- Pouvaient-ils être en mesure
de fabriquer sur la scène du crime les preuves
attestant de façon indéniable le fait que
trois tueurs, et non deux, étaient responsables
de cette agression sauvage?
- Étaient-ils en mesure de placer
des éléments d'ADN étrangers sur
la scène du crime?
- Auraient-ils pu répandre, avant
et après les meurtres, des pistes et informations
indiquant l'implication de violents extrémistes
islamistes?
- Est-ce que ces deux adolescents de
18 ans auraient se seraient laisser rouler comme ils
le furent par des agents de police déguisés
en criminels violents, s'ils étaient aussi « brillants » que
le prétendaient les procureurs de la poursuite?
La réponse à toutes ces questions
est, bien entendu, négative. C'est pourquoi Sebastian
Burns et Atif Rafay sont innocents.
Ce site Internet est constamment en cours
d'élaboration. Nous garantissons que toute l'information
présentée sur ce site est correcte et est
basée sur les transcriptions du procès et
celles des audiences préliminaires, sur des articles
de presse crédibles, ou sur des informations directement
obtenues. Nous poursuivons notre enquête sur les
faits de ce dossier, et nous ajouterons d'autres détails
et informations au fur et à mesure que nous les
recueillerons. À suivre donc.
|